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Entraînement de pecs de forte intensité

Par Xavier Fox

Ce matin, en m'habillant, j'ai essuyé une cruelle déception. En plus de voir, comme chaque matin, le peu de muscle dont je suis doté, il m'a fallu mettre une cravate et... j'ai été parfaitement capable de boutonner ma chemise, du premier bouton jusqu'au dernier. Mes pectoraux n'avaient pas grossi d'un millimètre depuis la dernière fois où j'avais mis ce costume. Si je les avais entraînés avec l'intensité nécessaire, j'aurais eu besoin d'une nouvelle chemise tous les six mois.

Les pectoraux sont composés du grand pectoral (partie supérieure) et du petit pectoral (parties moyenne et basse). Le grand pectoral assiste le dentelé antérieur (muscle inséré dans les côtes) quand celui-ci tire la sangle scapulaire en avant alors que cette dernière amène l'humérus (os supérieur du bras) vers l'intérieur. Le petit pectoral intervient en poussant vers le haut la sangle scapulaire sans rotation, avec l'aide du dentelé antérieur, qui la stabilise. Les pectoraux sont employés pour tirer la sangle scapulaire vers le bas quand celle-ci se trouve en position haute avec rotation. Par exemple en élevant le corps aux dips.

Le grand pectoral entre en action notamment lors de mouvements de pression et de traction. Il travaille en étroite collaboration avec le deltoïde antérieur ou région frontale de l'épaule et en tant qu'assistant du dorsal, il tire l'humérus en position haute. Exprimé en termes "profanes", la fonction principal des muscles pectoraux consiste à amener les bras devant le torse.

Une paire d'énormes pectoraux est le symbole universel de puissance et virilité. Aucune autre partie corporelle n'éveille aussi fortement l'attention. Même si vous avez d'autres groupes mieux développés, tout le monde voudra savoir combien vous soulevez au développé couché. Autant que je m'en souvienne, je n'ai jamais entendu personne demander à un culturiste combien il pousse au curl avec barre. Même s'il exhibe deux manivelles comme deux bazookas, on voudra connaître son meilleur développé couché.

Comme vous le savez, l'entraînement de grande intensité consiste à amener un muscle à ses limites absolues... pour ensuite le pousser quelque peu au-delà. Si vous voulez voir grossir vos pecs, il vous faudra les entraîner par delà leurs capacités, les forcer à effectuer des soulèvements qu'en principe ils ne pourraient faire. C'est comparable à une machine. Elle pourrait fonctionner pour un temps pratiquement illimité si on ne lui confiait que les tâches pour lesquelles elle a été conçue, au rythme pour lequel elle a été construite et sans dépasser l'endurance qu'elle est capable de supporter. Si vous voulez qu'elle fonctionne plus rapidement, avec davantage de force et pour la même durée pratiquement illimitée, vous serez obligé de lui changer le moteur, les engrenages, les roulements à billes, lui installer des composants plus grands et puissants. Il en va de même de vos pectoraux. Si vous ne les faites travailler qu'à un niveau normal pour eux et vous n'augmentez jamais la résistance ni le niveau d'intensité, vous n'aurez jamais besoin de ces formidables moteurs sous la forme de masse musculaire.

Mais le moment est arrivé d'utiliser ce moteur à fond de train ! Il est important de commencer l'entraînement par un constructeur de muscle basique, quand votre niveau d'énergie sera à son maximum. En fonction de la région que vous aurez le plus besoin de travailler, vous commencerez par un développé couché pour les parties moyenne et inférieure des pectoraux, voire par un développé incliné pour la supérieure.

Je vois encore Lee Haney, avec ses pectoraux lui sortant presque directement du cou. Leur partie supérieure était d'une telle épaisseur que chaque fois qu'il parlait il la frôlait presque avec le menton.
La séance de pectoraux commencera par trois séries d'échauffement à 40 pour cent du poids prévu pour le travail principal. Quand les muscles se satureront de sang et seront prêts, faites trois ou quatre séries principales d'entre 6 et 8 reps, avec une ou deux forcées en fin de série, ce qui signifie que votre 6ème sera votre maximum absolu et que votre partenaire devra vous assister à la 7ème et à la 8ème.

Commencez par la charge la plus lourde que vous pourrez manipuler, puis enlevez du poids à mesure que vos pectoraux se fatigueront (pyramide inverse). Si vous êtes toujours capable de soulever le même poids ou même plus qu'à la série précédente, c'est que vous ne vous entraînez pas assez durement. Les muscles se fatiguent à l'entraînement, ils ne deviennent pas de plus en plus forts à mesure que la séance avance.

Ayez le poids sous contrôle et opposez de la résistance à la force de la gravité en descente. Ne faites pas rebondir la charge en bas pour profiter de l'impulsion pour la rep suivante. Non seulement risquerez-vous de vous blesser, mais vous ne travaillerez pas le muscle. Bref, vous perdrez votre temps et vos efforts et vous serez par ailleurs la risée de votre club. Après avoir soulevé la charge d'un mouvement explosif, arrêtez peu avant le verrouillage des coudes, afin de maintenir la tension musculaire tout au long du parcours.

Et maintenant préparez-vous, parce que ça risque de devenir rigolo. Le lourd mouvement fini, vos pectoraux devraient être tuméfiés et douloureux. Mais vu vos penchants maso, je vous propose maintenant de tout à fait les réduire en miettes pour vous faire plaisir. Quel qu'ait été le développé que vous venez de faire –à plat ou incliné–, faites l'autre tout de suite après. Si vous avez commencé par celui à plat, effectuez maintenant celui incliné, voire vice-versa, pour former une supersérie avec des écartés haltères. Pour ceux de nos lecteurs qui viennent de se mettre à l'entraînement, une supersérie est un enchaînement de deux mouvements, c'est-à-dire suivis, sans pause entre eux. Les écartés inclinés haltères travailleront la même région que l'exercice de masse précédent. Par exemple, si vous avez commencé par le développé incliné, pour la supersérie il vous faudra combiner les écartés inclinés haltères et le développé à plat.

Réalisez 3 ou 4 superséries à raison de 10 reps par mouvement et un maximum de 2 minutes de repos entre les superséries. Après cela, vous aurez détruit les dernières traces de ce qu'ont été vos muscles pectoraux. Si vous voulez, vous pouvez continuer, mais vous pourrez également rentrer chez vous regarder la télé. Quoi qu'il en soit, je préfère vous dire tout de suite qu'un vrai guerrier choisit la première option.

Ici, vous avez l'opportunité de vous comporter en l'aguerri homme d'épée que vous êtes, non pas en blanc-bec quelconque: choisissez un mouvement aux câbles, comme les vis-à-vis, voire à l'appareil si vous préférez, comme le pec-deck, et concentrez-vous sur la contraction en évitant tout mouvement explosif.

Conservez les coudes séparés et les paumes des mains l'une face à l'autre, tandis que vous étirez vos pectoraux au maximum. En joignant les mains, c'est comme si vous faisiez la pose la plus musclée (pour les plus minces, la moins musclée, hi, hi, hi !). Contractez les pectoraux autant que vous pourrez. N'étirez pas complètement les bras ; conservez les coudes très légèrement fléchis, comme si vous entouriez un tonneau de vos bras. Réalisez trois séries selon les règles de l'art, de 10 à 12 reps.

Maintenant, si vous êtes encore capable de toucher votre nez, c'est que vous n'y mettez pas à cent pour cent du vôtre. Vos pecs devraient être aussi congestionnés que le robinet d'un acteur porno après avoir pris tout un flacon de Viagra.

Je me permets de vous rappeler que vous n'êtes pas un simple "rat de gymnase", mais un vrai champion et que vous ne partirez pas en courant vers la douche tant que vous ne serez pas complètement sûr que personne n'a autant travaillé que vous. Par conséquent, choisissez pour finir des dips, dont vous ferez une série dégressive. Avec les pieds solidement appuyés sur les barres transversales, saisissez celles parallèles. Avec les paumes des mains tournées vers l'intérieur, les coudes en extension, c'est-à-dire vers l'arrière, et les bras qui soutiennent le corps en position verticale, retirez les pieds des barres de support.

Un partenaire d'entraînement vous mettra un haltère entre les genoux –que vous soutiendrez en mettant la partie inférieure de la jambe en position horizontale– ou une ceinture lestée. Gardez la tête dans une position naturelle. Descendez lentement, le mouvement à tout moment sous contrôle, jusqu'à ce que le bras et l'avant-bras forment un angle de 90º, le premier étant parallèle aux barres. Poussez le corps vers le haut, avec les coudes accolés au corps et dirigés vers l'arrière, les poignets fléchis. Penchez-vous en avant pour mettre l'accent sur le travail du grand pectoral.

Une fois que vous aurez fait autant de répétitions qu'il vous sera possible, laissez tomber l'haltère ou la ceinture lestée et continuez sans poids additionnel. Quand vous serez épuisé, priez votre partenaire de vous aider à faire cinq reps forcées.

Et voilà votre entraînement de pectoraux ! Après six mois d'un pareil travail, vous devrez acheter vos chemises dans le rayon de tailles supergrandes. Et vous pourrez prendre celle devenue trop petite pour en faire cadeau à un certain monsieur qui vous a battu sur scène, en lui disant : "Elle est peut-être un peu grande pour vous, mais vous pourrez toujours la raccommoder. Mais si vous ne voulez pas en prendre la peine, vous pourrez toujours en acheter une autre dans le rayon de vêtements pour garçonnets et petites filles !"

 

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