Mari Kudla, Le fitness postnatal
Par Shelley Geoffrey
Photothèque Ralph DeHaan
Nombreuses sont encore les jeunes
femmes pratiquant le fitness et d'autres disciplines qui croient
qu'il leur faut absolument faire de leur mieux sur le plan sportif
avant d'être mères, car après elles n'auront plus la moindre chance.
De toute évidence elles s'abusent et de nombreux exemples le prouvent,
dont celui de Mari Kudla.
La populaire Mari
Kudla Kudla-Donnelly après son mariage est très appréciée par
ses homologues sportives pour sa prédisposition à donner un coup
de main à toutes celles qui en ont besoin. Malgré sa jeunesse
d'ailleurs, Mari est une des meilleures compétitrices du monde
chaque fois plus difficile du body-fitness, qu'il faut prendre
en compte pour les premières places à n'importe quel événement
auquel elle concourt.
Elle est tout feu tout flamme pour les animaux,
dont notamment les chiens, un faible que partage maintenant la
petite Lenna, de trois ans, sa fille et son plus grand chouchou.
Mari a eu, elle
aussi, ses doutes quand elle est tombée enceinte, sur la possibilité
de continuer à concourir à haut niveau après avoir accouché, mais
ces doutes se sont dissipés quand seulement huit mois après l'heureux
événement, Mari remportait la carte de professionnelle de l'IFBB
eet montait peu de temps après sur la scène du Fitness Figure
International pour s'octroyer la quatrième place, dans le cadre
de l'Arnold Classic.
Les jeunes athlètes
ont actuellement tendance à retarder la maternité, souvent jusqu'à
après 30 ans, parce qu'elles craignent qu'une fois qu'elles seront
mères il leur faudra arrêter la compétition.
Comme beaucoup d'autres
athlètes avant elle, Mari a pourtant démontré qu'une femme qui
s'entraîne intelligemment peut parfaitement conjuguer la maternité
et sa carrière sportive. En fait, elle affirme qu'elle est en
meilleure forme que jamais et qu'elle a encore devant elle la
partie la plus passionnante de sa carrière.
Le feu sacré ni
les capacités physiques ne lui manquent décidément pas et je suis
convaincue qu'elle fêtera encore de très nombreux triomphes.
Née à Cleveland,
dans l'Ohio, le 26 novembre 1979, Mari a deux soeurs, mesure 1m58
et pèse 60 kilos plutôt secs hors saison et 55 en compétition.
Cette jeune femme de seulement 26 ans, s'entraîne depuis 6 et
concourt depuis quatre environ. En fait, elle n'était que depuis
récemment en compétition quand elle est tombée enceinte.
BodyFitness
: Comment avez-vous découvert le fitness ?
Mari Kudla : J'ai
toujours eu une complexion athlétique et pratiqué de la gymnastique
aux agrès afin d'améliorer ma force et condition physique. J'ai
commencé à m'entraîner aux poids pour des raisons ayant trait
à la compétition.
BF : Quel
physique aviez-vous à l'époque ?
MK : Athlétique,
mais sans définition. Je ne m'étais pas spécifiquement entraînée
pour quoi que ce soit et cela se remarquait.
BF : Des
changements après vous être mise aux poids ?
MK : Dès que
Mike Davies a commencé à m'entraîner, j'ai commencé à perdre du
poids à cause de la quantité de travail que nous abattions. J'en
suis vite devenue accro et j'ai poursuivi mon travail très régulièrement.
Un beau jour j'ai commencé à remarquer ma nouvelle définition
et finalement, grâce à l'entraînement et à la diète, j'ai réussi
à transformer mon physique. Depuis, je n'ai plus arrêté.
BF : Vos
parents et votre environnement vous appuyaient ?
MK : Au début,
personne n'était d'accord, parce que j'étais encore à l'école
et je passais trop longtemps en salle et dépensais tout mon argent
en l'entraînement et la diète. Mes amis passaient le plus clair
de leur temps à faire de la bringue et à boire, c'est-à-dire que
de ce côté-là je n'avais pas le moindre appui. Il s'est écoulé
très longtemps avant que ma famille ne vienne voir ce que je faisais
et pour quelles raisons je le faisais. Ce n'est qu'en commençant
à bien me classer et à gagner des compétitions qu'ils ont commencé
à voir tout cela d'autres yeux.
BF : Pendant
ce temps, votre façon de vous entraîner a-t-elle changé ?
MK : Je me
suis toujours entraînée avec Mike Davies et notre philosophie
a toujours été de travailler durement et de suivre une diète stricte.
Cela n'a pas changé. Et je me dis que ce doit être un bon programme
parce qu'il marche et il n'y a qu'à voir la quantité de compétitrices
à grand succès que prépare Mike.
BF : Quelques
détails de votre programme ?
MK : Les lundis
j'entraîne les épaules avec 6 à 8 exercices différents, en utilisant
des superséries et des sets géants. Je prends lourd et les reps
varient pour chaque exercice.
Mardi c'est le tour
des jambes. Je fais aussi 6 à 8 mouvements différents à l'aide
de superséries et séries triples. Je ne soulève pas trop lourd
et je fais de l'entraînement en circuit et des sauts pour maintenir
mes jambes bien sveltes. Je combine les mouvements classiques,
comme les extensions de jambes, les squats, la presse, le curl
de jambes, etc. , avec les fentes en marchant, les squats avec
saut, l'appareil d'escalade et d'autres exercices de vitesse.
Les mercredis je
fais le dos, avec toujours le même nombre d'exercices, des supersets
et des séries géantes, avec un nombre de reps variable. J'utilise
des poids lourds et des mouvements composés qui sollicitent plusieurs
groupes.
Vendredi je travaille
la poitrine, avec 6 à 8 exercices, des superséries et des séries
géantes, en y ajoutant parfois une mise en condition des jambes
pour le maintien d'un rythme cardiaque élevé et obtenir un bon
tonus. Les reps oscilleront entre 10 et 15, avec un poids modéré.
Samedi est le jour
de la piste américaine, c'est-à-dire l'enfer pour tout le corps.
Presque chaque samedi je me déplace à Columbus pour que Mike me
fasse suer sang et eau sur la piste. Je ne peux pas me plaindre,
il y réussit toujours.
BF : Je
vois que c'est très spécifique. Ces séances vous prennent combien
de temps ?
MK : Pas beaucoup.
En général, mon objectif est de faire une grande quantité de travail
en peu de temps. Je prends un repos minimum entre les séries et
très fréquemment je fais des superséries pendant toute la séance,
c'est-à-dire que d'habitude je finis mes entraînements en 30 minutes.
Je travaille les abdos 4 ou 5 fois par semaine et 3 fois les mollets.
BF : Groupes
préférés à l'entraînement ?
MK : J'aime
bien travailler les épaules et les jambes, parce que ce sont mes
points les plus forts. Je n'aime pas le jour de poitrine, parce
que je travaillais le soir et l'entraînement de poitrine était
le lendemain matin. Je sautais donc une séance de temps à autre
et de toute façon je n'y mettais pas suffisamment du mien pour
rattraper le retard.
BF : Priorités
que vous accordez à l'entraînement, la diète, le repos et les
suppléments ?
MK : La diète
l'emporte sur les autres. Viennent après l'exercice et le repos
et les suppléments... eh bien, ce ne sont que des suppléments,
voilà !
BF : Votre
diète de volume ?
MK : Je n'en
fais plus. Je prends du muscle facilement. Hors saison je mange
davantage d'hydrates de carbone et une plus grande variété dans
la nourriture, dont des fruits secs et quelques laitages. Je me
permets aussi deux repas libres par semaine, l'un le jour de jambes
et l'autre le week-end.
BF : Quand
commencez-vous la diète de compétition ?
MK : En général,
12 à 14 semaines avant le premier concours. Je la démarre en diminuant
quelque peu les glucides et en faisant du cardio. Mon alimentation
varie trois fois en cette période en réduisant les féculents et
en augmentant la fibre et l'exercice cardio-vasculaire à chaque
fois. Je conserve haut l'apport de protéines pour favoriser la
croissance et la fixation musculaire, malgré mes éprouvantes séances
d'aérobic.
BF : Quelle
importance a le sport dans votre vie ?
MK : Le fait
d'être compétitrice de body-fitness est fondamental pour moi.
C'est un style de vie qui aura des effets durables dans ma vie,
même après mon retrait de la compétition. Cela fera toujours partie
de mon existence. A l'heure qu'il est, il en constitue une partie
essentielle.
BF : Ce
que vous changeriez dans ce sport si vous en aviez la possibilité
?
MK : Les récompenses
en espèces pour les femmes sont extrêmement basses. Outre ce fait,
la vision dégradante de la femme et les postes de travail qu'on
lui offre dans cette industrie ne contribuent pas précisément
à ce qu'on respecte ce sport. Pour la plupart, ces compétitrices
sont des femmes très intelligentes et travailleuses, mais on les
traite comme des objets sexuels.
BF : Que
pense votre mari de votre engagement pour le sport ?
MK : Il me
donne tout son appui et fait tout ce qu'il peut pour m'aider à
atteindre le succès. Parfois il est difficile d'être aux côtés
de quelqu'un qui concourt, mais il fait un très bon travail en
vivant avec moi.
BF : Des
hobbies ?
MK : Les chiens
! J'aimerais bien avoir un jour une résidence canine !
BF : Musique
?
MK : Le hip
hop, toutes les musiques alternatives, celle métal et le rap.
BF : Ciné
?
MK : "Entretien
avec le vampire", "Esprit fabuleux"...
BF : Couleurs
?
MK : Le bleu.
BF : Livres
?
MK : Chroniques
de vampires et Ann Rice.
BF : Nourriture
?
MK : Tout
ce qu'il y a de possible au chocolat et le bon pain.
BF : Celle
que vous n'aimez pas ?
MK : Asperges,
thon et toutes sortes d'autres poissons.
BF : Culturiste
préféré ?
MK : Gunter
Schlierkamp.
BF : Athlètes
fitness préférées ?
MK : Jenny
Hendershott et Stacy Hylton.
BF :
Loisirs ?
MK : Sortir
avec mon mari et mes amis, aller danser...
BF : Vous
passeriez vos vacances où ?
MK : Dans
n'importe quelle île tropicale... sans moustiques !
BF : Outre
la compétition, que faites-vous ?
MK : Je suis
mère à plein temps, mais aussi personal trainer et modèle de fitness.
BF : Objectifs
?
MK : Etre
une bonne mère, engranger beaucoup de succès en compétition et
devant les caméras et motiver d'autres à en faire de même.
BF : Nous
espérons que tous vos désirs deviennent des réalités.
MK : Merci
beaucoup pour votre intérêt !
Compétitions pros de Mari Kudla
2003, Arnold Classic,
Pro Figure International, 4ème
2003, Figure Olympia, 4ème
2004, Arnold Classic, Pro Figure International, 6ème
2004, Figure Olympia, 7ème
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