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"Without pain..."
Par Frédéric Lafontaine
En réalité, ils sont nombreux et complexes les aspects techniques
de l'entraînement aux résistances ou charges, ce que nous nommons
"des poids" d'habitude.
Ces détails qui semblent évidents à tout athlète expérimenté,
représentent pour n'importe quel débutant un véritable baptême du
feu.
Si vous regardez en arrière dans le temps, vers l'instant où vous
avez franchi pour la première fois le seuil d'une salle de musculation,
vous vous souviendriez avec un sourire des choses qui vous ont le
plus surpris à l'époque et qui maintenant font partie de votre inconscient.
Depuis le simple geste de prendre une barre on vous a appris par
la suite qu'on parlait de "prise", jusqu'au nom si compliqué
de cette sorte d'Arc de Triomphe en fer qu'après vous avez appris
à nommer "multipower" ou "machine Smith" secrètement,
vous vous demandiez qui pouvait être ce Smith. Le propriétaire du
club, peut-être ?
J'avoue qu'étant encore ado, j'observais stupéfait que, à la différence
d'autres jeunes hommes bien plus chevronnés que moi à l'exercice,
la partie postérieure de mon bras formait une parfaite ligne droite
du coude à l'aisselle. Jusqu'à ce que plus tard j'ai découvert qu'il
existait un muscle appelé triceps, qui était le responsable de cette
sorte de "ventre" que les autres possédaient déjà plus
ou moins développé. Je vous signale cependant qu'à l'exception d'une
néfaste année universitaire où j'ai dû m'arranger avec les sciences
exactes et que j'ai été obligé de répéter, bien entendu, j'ai
toujours préféré la faculté des lettres.
Si vous m’avez suivi jusqu’ici et si j’ai réussi à vous faire rémémorer
quelques anecdotes, il se peut que cet article ne soit pas pour
vous, car il a été écrit plutôt à l’endroit de ceux qui juste, maintenant
découvrent ce monde passionnant... bien qu’au fond je sois convaincu
que quelques minutes de plus de lecture ne vous feront pas de mal.
J’ai dit « mal » ? Je m’en excuse, cher lecteur,
quelle tête de linotte !
Dans les années 70, un très connu Monsieur au nom à jamais imprononçable
a rendu populaire la phrase no pain, no gain sans
douleur, point de progression, passée depuis en proverbe, qui
n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd dans le monde des poids
et haltères et qui s’est établie comme l’axe gravitationnel de toute
méthode d’entraînement. Nous n’allons pas discuter des pour et des
contre et ma foi, il y en a à foison de cet axiome, mais j’aimerais
bien tout de même analyser une question qui vous préoccupe, vu où
vous en êtes de votre progression : « Faut-il vraiment
que ça fasse mal ? » La réponse en est très simple :
non.
Voyons. Cette douleur caractéristique que nous avons tous ressentie
et que je ne veux pas encore étiqueter, est un processus physiologique
normal qui obéit à une microdéchirure des fibres musculaires, qui
à son tour provoque la sortie à l’extérieur des éléments cytoplasmiques
cellulaires dont les ions de calcium et de potassium, fortement
irritants induisent un processus inflammatoire qui atteint son maximum
entre vingt-quatre et quarante-huit heures après. Sachez aussi que
les régions les plus affectées sont d’habitude les insertions musculaires
et les tendons qui se trouvent à proximité des articulations, qui
sont les endroits où ont lieu les tensions les plus fortes. Il est
question d’un processus ayant trait à l’activité physique, non pas
nécessairement de forte intensité, ayant son origine dans une faiblesse
des fibres musculaires, ayant pour cause presque toujours l’atrophie
associée au manque d’entraînement. De là que les « courbatures »
soient to, ujours associées aux personnes qui s’initient à l’entraînement,
voire à celles qui le reprennent après un temps d’inactivité.
Sans vouloir entrer dans son analyse, la douleur de la fatigue
musculaire et l’accumulation d’acide lactique est quelque chose
de différent. Elle se manifeste en règle générale à la suite d’un
exercice physique extrême. Ici, il serait question d’une activité
anaérobie en l’absence d’oxygène, mais c’est là un thème que nous
ne traiterons pas pour deux raisons. La première parce qu’il ne
vous concerne pas directement, et la seconde parce que les scientifiques
eux-mêmes ne sont pas encore unanimes sur les termes du débat. Depuis
1922, quand Otto Meyerhof et Archibald Hill ont reçu le prix Nobel
de physiologie et médecine pour avoir déduit que le manque d’oxygène
menait à la production d’acide lactique et par conséquent à la fatigue
musculaire, on a beaucoup recherché et travaillé dans ce domaine.
Actuellement, des chercheurs de la taille de George Brooks, Professeur
du Département de Biologie de l’Université de Californie, à Berkeley,
aux U.S.A., ou David Allen, Physiologue de l’Institut de Recherche
Biomédicale de l’Université de Sydney, en Australie, n’ont pas le
moindre doute en affirmer qu’il s’agit là d’une des « erreurs
classiques de la science ».
Erreur ou non, toujours est-il qu’il est probable qu’au cours des
premiers jours vous remarquiez une sensation de raideur accompagnée
d’une douleur aiguë, notamment sur l’extension du muscle, signal
inéquivoque que vous avez dépassé les bornes en matière de zèle
à l’exercice. Des poids trop lourds, vitesse TGV, parcours raccourcis,
rythme et mécanique déficientes, volume de travail excessif, sont
quelques-unes des raisons pouvant nous conduire à pareil état. Ici,
comme dans toute autre chose, chaque personne est un monde et chaque
monde une histoire. De là qu’il soit d’une importance capitale que,
vous soyez bien averti en matière des variables qui conditionnent
votre entraînement. Je disais d’habitude à mes élèves qu’il fallait
qu’ils quittent la salle le premier jour avec la sensation de ne
rien avoir fait. Je leur prescrivait dix minutes de vélo statique,
deux séries d’un seul et unique exercice par groupe musculaire dix
au total, deux pour la poitrine, deux pour le dos, deux autres pour
les épaules, deux pour les jambes et les deux dernières pour la
section médiane et la douche. J’admets que certain faisaient une
drôle de tête, convaincus que la seule chose que je voulais était
de m’en débarrasser, parce que j’avais trop de travail. Et ceux
qui prenaient l’affaire en main propre faisant l’oreille sourde
à mes recommandations, je ne les voyais en règle générale qu’une
semaine après, quand ils pouvaient déjà rire sans tiraillements
d’abdomen et étaient capables de se laver les cheveux sans aide.
Je suis néanmoins conscient du fait que certaines circonstances
peuvent vous amener à cette même situation, soit par manque d’information,
soit par une certaine indifférence du personnel responsable du
moins en théorie de votre apprentissage. Je me permettrai par conséquent
de vous donner quelques conseils pour, premièrement, empêcher dans
la mesure du possible l’apparition de cette douleur si limitante
et, deuxièmement, pour mitiger ses effets, manque d’y avoir réussi.
Comment empêcher l’apparition de la douleur
- Effectuez un échauffement consciencieux.
- Faites des parcours complets de tous les mouvements.
- Faites des étirements avant et après chaque exercice, tant que
les muscles seront échauffés.
- Augmentez progressivement les variables qui ont trait à l’intensité
de l’entraînement : charges, durée, volume, etc.
- Evitez les changements essentiels et subits, aussi bien dans
le système d’entraînement que dans sa durée.
Comment mitiger la douleur
- Evitez toute activité susceptible d’augmenter la douleur.
- Réalisez de l’exercice aérobie augmentant l’appel de sang oxygéné
aux muscles et aidant à éliminer les déchets.
- Mettez en pratique le programme RICE : repos, glace, compression
et élévation.
- Faites des étirements doux de la région en question.
- Réalisez un massage relaxant.
- Prenez un anti-inflammatoire pour soulager la douleur temporairement.
- N’entraînez plus la région problématique jusqu’à la complète
disparition de la douleur.
- Si la douleur persiste au-delà d’une semaine, consultez un médecin.
- Et finalement, n’oubliez pas que... il vaut mieux prévenir que
guérir !
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